.
On rallonge
Une patte de l'aigrette
En y ajoutant celle du faisan.
Sur l'éventail
Je mets le vent venant du mont Fuji.
Voilà le souvenir d'Edo.
Sommeil sur le dos d'un cheval,
La lune au loin dans le rêve qui continue,
Fumée de la torréfaction du thé.
Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.
Le zashiki d'été
Fait bouger et entrer
La montagne et le jardin.
Quel plaisir!
La Vallée de sud
Embaume la neige.
Le vent d'automne
Plus blanc
Que les pierres de la colline rocheuse.
De tous les côtés
Les vents apportent des pétales de cerisier
Au lac des grèbes.
Même un sanglier
Est sur le point d'être emporté
Dans cette tempête.
Le croissant éclaire
La terre brumeuse.
Fleurs de sarrasin.
Le lespédèze fleuri ondule
Sans faire tomber
Une seule goutte de rosée.
Neige qui tombais sur nous deux
Es-tu la même
Cette année ?
Sous la pluie d'été
Raccourcissent
Les pattes du héron.
Sur une branche morte
Repose un corbeau :
Soir d'automne !
Une rafale de vent
puis les feuilles se reposent
À personne
Il n'a donné
De ses poires réputées
La rosée goutte à goutte
Des souillures d'ici-bas
Puissé-je me laver.
Dussent blanchir mes os
Jusques en mon c½ur
Le vent pénètre mon corps.
Le corbeau d'habitude je le hais
Mais tout de même...
Ce matin sur la neige...
Eh bien! Marchons pour voir la neige
Jusqu'à tomber d'épuisement.
Mouvements du coeur
dans le frisson du saule.
Au milieu du champ
Et libre de toute chose
L'alouette chante.
Au parfum des pruniers
Le soleil se lève -
Sentier de montagne !
Pétale après pétale
Tombent les roses jaunes -
Le bruit du torrent.
La fraîcheur -
J'en fais ma demeure
Et m'assoupis.
Ce chemin-ci
N'est emprunté par personne
Ce soir d'automne
La rosée blanche
Sa saveur solitaire
Ne l'oublie jamais !
Malade en voyage
Mes rêves parcourent seuls
Les champs désolés.