Haïkus from Hisajo

Haïkus from Hisajo
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L'air frais d'automne
Arrive aux fleurs d'hortensia.
Pays de Shinano.


Enlever l'habit hana-goromo.
Ses tresses variées s'enroulent
A
utour du corps.


Je coupe de la soie.
Des tiges de millets ondulent et s'entrelacent
À la fenêtre.


La fleur d'yugao
À demi-ouverte
Avec des plis profonds.


Fleurs de volubilis.
Le ciel au-dessus de ce quartier
Commence à s'ennuager.


Les tales de chrysanthème
Se cambrent dans leur blancheur
A
u-dessous de la lune.


Au jour de chrysanthème
Je secoue et peigne mes cheveux mouillées
Des gouttes se laissent tomber.


Dans le courant de la marée du printemps
Une touffe d'algues passe
Telle une flèche.


Plié un éventail d'automne est insé
Dans l'obi dure comme une planche.


Echos de voix d'un hototogisu.
Il
s dominent la montagne à volonté.


Quand on se penche au-dessus d'une barque
Et cueille des châtaignes d'eau,
Le marais sent comme s'il bouillait.
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 11:40

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 07:46

Suju Takano (1893 - 1976)

Suju Takano (1893 - 1976)
Suju Takano est né à Fujishiro en 1893 et et il est mort à Sagamihara en 1976.

Au commencement de l'époque de Showa (1926 ~ 1989), les haïkus de l'école Hototogisu ont prit une nouvelle direction ; Kyoshi Takahama, a commencé à prôner la nécessité du "shasei" (description d'après nature), ce qui signifiait un retour à la conception de Shiki Masaoka. Il a inventé l'expression "kyakkan shasei" (description objective d'après nature) et en a fait un principe d'écriture.

C'est en suivant cette nouvelle direction qu'ont débuté des poètes comme Shuoshi Mizuhara (1892 ~ 1981), Suju Takano, Seiho Awano (1899 ~ 1992), Seishi Yamaguchi (1901 ~ 1994), Kusatao Nakamura (1901 ~ 1983). Chaque poète a su se créer un style personnel tout en s'appropriant le "kyakkan shasei". Je présente ici Suju Takano, qui a laissé les poèmes les plus remarquables.

Une caractéristique importante de ses haïkus est la description des premiers plans. Souvent, ses haïkus contiennent seulement des choses immédiatement sous les yeux. Cette méthode constitue un vif contraste avec celle des poètes du Hototogisu Taisho qui avaient l'intention de décrire surtout l'arrière-plan.

Suju a une manière unique de décrire l'espace dans des expressions qui paraissent, à première vue, de simples explications de paysage.

Presque tous les haïkistes considèrent les oeuvres de Suju comme étant le résultat du "kyakkan shasei". Cependant il n'était pas un artiste réaliste au sens moderne. Il respectait les nuances symboliques que les mots, surtout les kigos, renferment. Il a adopté l'attitude créatrice de projeter des images de choses sur l'écran des nuances des mots.

L'oeuvre de Suju, qui utilisait au maximum la fonction symbolique de la langue japonaise, est un des plus éminents poètes de l'école Hototogisu.
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 12:57

Haïkus from Suju

Haïkus from Suju
Fourmis-lions.
On n'entend que le vent
Souffler dans les pins.


Germe de plantain,
Trois feuilles
De différentes grosseurs.


Une ligne d'intervalle
De germes de réglisse.


Face à la colline d'été
On marche
Dans le jardin.


De la neige du printemps
Comme des vagues
Franchit la clôture.


Des grêlons du soir
Battent des rameaux.
Et leur blanche.


Cette pêche est vert.
Mais elle tient un peu de rouge.



Un fil d'araignée
Se tend
De
vant un lis.
parément
S'envolent là-bas
Des corbeaux au nouvel an.
Des bulles sous la glace mince s'unissent.
Une de ses plaques bouge un peu.
Du sang paysan
Dans mes veines
Moisson bleue

Du grand auvent
D
u temple
Un papillon surgit
Elle sombre
Dans les flots de la nuit
La grande pivoine
Fendue en deux ailes
La coccinelle
S'envole
Modeste spirale
De l'escargot
Tout près de la lune
Quelqu'un d'autre encore
S'est mis à faucher
Les roseaux lointains
Je retourne
La grosse bûche
D
ont l'envers est en feu
Sous une feuille morte
La neige
S
'affaisse un peu
Au ciel s'en vont
Les pétales de cerisiers
D'une seule envolée
Limaces virent
Les unes à gauche
L
es autres à droite
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 13:04

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 07:46

Kakio Tomizawa (1902 - 1962)

Kakio Tomizawa (1902 - 1962)

Kakio Tomizawa est un des principaux poètes du Shinko Haïku.

Il a subi l'influence des poèmes des symbolistes, et il a essayé d'exprimer le spleen des modernes en introduisant, de manière occidentale, l'abstraction, la métaphore, et l'analogie.

Aujourd'hui, les avis sur Kakio sont encore partagés. Ce sont surtout les poètes traditionnels qui nient fortement la valeur du Shinko Haïku, y incluant Kakio.

Il y a deux sortes de reproches faits à Kakio. L'un est au sujet de sa technique : "La manière de Kakio pour attirer les lecteurs, en maniant la métaphore, diminue leur liberté d'imagination et affaiblit le haïku." Ce reproche vient principalement des poètes traditionalistes.
L'autre reproche est celui de sa conception de l'homme. Les poètes du Shinko Haïku rejetaient la culture conventionnelle du Japon et ils éprouvaient de la répulsion pour cette société dans laquelle la naissance, la parenté, et l'autorité des vieux étaient plus respectées que la qualité de l'individu.

Après la guerre, en pénétrant le traditionalisme de la mentalité japonaise qui aimait l'autorité malgré la douloureuse expérience de la défaite, Kakio a exprimé, comme individu, le désespoir de l'humanité.

Les avis sur Kakio sont variés, mais beaucoup de haïkistes contemporains ont adopté sa méthode. Je crois que son activité de pionnier ne sera jamais mise en doute.
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 13:44

Haïkus from Kakio

Haïkus from Kakio
Une grue
S
'estompe dans le crépuscule
E
t traîne ses ailes comme de la fumée.
Martin-pêcheur.
Là se dressent
D'humbles tombeaux blancs.
Des bruits secs de bottes
C
ontinuent régulièrement
Près de cette lampe.
Il tombe une pluie de noix
Dans le remous de retentissement de canons.
Cage d'un léopard.
Pas
une goutte d'eau
Ne reste dans le ciel.
Jour de pollen.
Les oiseaux n'ont pas de seins.
Ouvrant une fenêtre
Je chasse un taon.
Ondulation des champs.
Un papillon fait une chute.
Le temps de gel
Avec un grand retentissement.
Chaleur en automne.
Les taches du léopard
Paraissent visqueuses sous le soleil.
Rêve d'un papillon hivernal.
Un
e goutte de neige fondue
Dans le Karakoram.
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 13:48

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 07:46