Koi Nagata (1900 - 1997)

Koi Nagata (1900 - 1997)
Même après la critique de Shiki Masaoka contre Basho Matsuo, le respect pour ce dernier n'a pas faibli. Au contraire, sa réputation s'est accrue, non seulement dans le monde du haïku, mais aussi dans toute la société japonaise, et il est même devenu le japonais le plus aimé dans le monde entier.

Koi Nagata a repris la méthode de Basho et il se méfiait de la conception de l'école Hototogisu. Il a attaqué la manière du Hototogisu sur l'économie des mots mettant de l'importance à la simplicité et de se fier à l'imagination des lecteurs, en disant que c'était une attitude trop décadente.

Il rendait hommage à la grandeur de la destinée et n'aimait pas l'attitude de lutter contre elle comme celle du Shinko Haïku. Cependant il a dit qu'on ne saurait pas la nature véritable de la destinée si on ne lui résistait pas au moins une fois.

Koi Nagata a ébranlé l'esprit humain en utilisant des expressions extraordinaires, humoristiques, et étonnantes. Ceux qui lisent ses haïkus doivent penser et non seulement observer la vie.

Sa philosophie et sa méthode ont gagné l'appui enthousiaste des jeunes haïkistes ambitieux, des poètes partisans du vers libre, et des danseurs de Buto.

# Posté le lundi 23 janvier 2006 13:59

Haïkus from Buson

Haïkus from Koi
.

Vapeur qui s'élève de la terre. ............................................................... Un cerf-volant flotte
.Vol blanchâtre ..................................................................... ............... Au même endroit
..D'un insecte d'un nom inconnu. ............................................................. Où il flottait hier.


Labourage de champ.
Un nuage immobile a disparu.


Soir du printemps. ................................................................ Courte nuit d'été.
.À l'encens à moitié éteint, ...................................................... Une goutte de rosée
..J'en ajoute encore. ................................................................ Sur le dos d'une chenille velue.


Un moustique bourdonne
Chaque fois qu'une fleur de chèvrefeuille tombe.



Quatre ou cinq hommes dansent en rond. ..................................La lune brille au milieu du ciel.
.Sur eux la lune va tomber. .......................................................Je dépasse un quartier pauvre.

Il reste éveillé
Et dit qu'il a dormi.
Froide nuit automnale.


Vent d'Ouest ..............................................................................Le printemps qui s'éloigne
.Les feuilles mortes ......................................................................Hésite
..Se rassemblent à l'Est. .................................................................Parmi les derniers cerisiers.


Oiseaux sur l'eau de la douve.
Une lanterne sort du château.


Pour chanter ......................................................................... Sur la grosse cloche
.Le rossignol ........................................................................... Un papillon dort profondément.
..N'ouvre qu'un petit bec.
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 14:53

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 07:46

Haïkus en vrac

Haïkus en vrac
Les arbres eux-mêmes
Qui, pourtant ne demandent rien,
Ont frères et soeurs.
Quelle tristesse est la mienne
De n'être qu'un enfant unique!
(Ichihara)


Tout a brûlé
heureusement, les fleurs
avaient achevé de fleurir.
(Hokushi)


Sur mon chapeau
La neige me paraît légère
Car elle est mienne.
Kikaku

Sur mon chapeau
La neige me paraît légère
Car elle est mienne.
Kikaku

De bouger il n'a pas l'air.
Pourtant il travaille dure
Son champ, le paysan!
Kyorai

Une fleur tombée
Remonte à sa branche
Non, c'est un papillon!
Moritake

Cet automne
Je n'ai pas d'enfant sur les genoux
Pour contempler la lune.
Onitsura

Que n'ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum!
Shoha

Qui se soucie de regarder
La fleur de la carotte sauvage
Au temps des cerisiers?
Sodo

Quand elle fond,
La glace avec l'eau
Se raccommode.
Teitoku

J'éternue
et perds de vue
l'alouette
Yayu

Occupé à transplanter les pousses
Il va pisser dans la rizière
Du voisin.
Yayu

Rivière d'été
le bout d'une chaîne rouge
pend mollement dans l'eau
Yamaguchi Seishi


Un papillon
vole au milieu
de la guerre froide
Nakamura Kusatao

Soir d'automne
la marée emporte
les restes d'un grand poisson
Saito Sanki

Hôpital pour maladies vénériennes
seule touche de fraîcheur:
la fiente des pigeons
Suzuki Murio

Labourés
par les bombes
Où sont leurs os?
Sawaki Kinichi

Même le cimetière a brûlé
des cigales comme de la viande calcinée
sur les arbres
Kaneko Tota

Chaque pli de la montagne
elles les écoutent apaisées
Les oreilles enterrées
Takayanagi Shigenobu


La pluie menace
Les fleurs du tilleul
Se mettent à remuer.
Ryu Yotsuya

# Posté le lundi 23 janvier 2006 15:05

Modifié le lundi 23 janvier 2006 17:09

Seiho Awano

Seiho Awano
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Seiho Awano, de son vrai nom Toshio Hashimoto, est né en 1899 à Takatori, dans la province de Nara. Il a commencé à s'intéresser au haïku en 1915. En 1917, il a rencontré Kyoshi Takahama (1874-1959), héritier de Shiki Masaoka, et il est devenu l'un de ses élèves.


Un corbeau dans la bise
M'a raconté
Des balivernes


Flocon tombé
Sur ma loupe:
Goutte de rosée


Drapeau en berne
Quand rallongent
Les jours


Vapeurs de printemps
Un boeuf qui passe lèche le sol
Silhouette


En secret
Le printemps me manque
Je vieillis


Au coucou
Elle ne répond rien
La girouette en fer


Il y en a un
Qui n'a plus qu'une jambe
Dans le groupe d'alpinistes


Je me lave les cheveux
C'est-à-dire
Que je me lave l'âme


L'estivant que je suis
N'a rien à faire
Seule une bible devant moi


La toux
Le fait trébucher
De plus en plus sur le Pater
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# Posté le lundi 23 janvier 2006 15:23

Niji Fuyuno

Niji Fuyuno
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Née à Osaka, Niji Fuyuno, pseudonyme de Junko Yotsuya, a habité plusieurs années à Tokyo où elle est décédée le 11 février 2002. Sa carrière a commencé par la peinture où elle exprimait sa poésie par des lignes et des couleurs dans un espace cadré. On retrouve ses poèmes dans la revue Mushimegane (Loupe) qu'elle a fondée avec Ryu Yotsuya en 1987.


Paon blanc
Fièvre
Quand je me réveille au matin.


Avec mes mains
J'inclinais une corbeille aérienne
Vers la mer des lucioles.


Le printemps réfléchit
Les bras croisés
Sur la vitesse des racines amères.


Mer de poissons volants,
Qu'est-ce donc que ce couvercle-ci?


N'ayant pas encore de nom
Donc
Ce hamac est lisse et glissant.


Je suis appelée par les herbes
Du fond de l'eau
Fête printanière.


Ah, fleur blanche de prunier!
On s'évanouit
Dans la bibliothèque.


Roselière
Si je ne fermais pas les yeux
J'aurais des fêlures au coeur.


Mer agitée
L'espace dans le cercle de la corde à sauter
Est entièrement vide.


Neige légère
Si je souriais
Je me changerais aussitôt en lapin de garenne.


Un nid de petit oiseau
Se balance
Comme des miroirs oscillants au marché.

# Posté le lundi 23 janvier 2006 15:42

Modifié le lundi 23 janvier 2006 17:11